« (…) À l’intérieur des frontières allemandes, chaque Herero, qu’il soit homme, femme ou enfant, avec ou sans armes, avec ou sans troupeau, sera tué à coup de fusil.

Telles sont mes paroles adressées au peuple herero.

Le grand général du Kaiser tout-puissant.

Von Trotha. »

L’ordre d’extermination (Vernichtungsbefehl) est sans appel. Rédigé le 4 octobre 1904 par Lothar Von Trotha, général commandant en chef des troupes allemandes du Sud-Ouest africain, il signe l’arrêt de mort d’une tribu de 80 000 individus. La plus haute administration militaire de la colonie, avec l’accord du gouvernement du IIème Reich, est ainsi à l’origine du premier « génocide » du XXème siècle.

 

À la fin du XIXème siècle, alors que les grandes puissances européennes « se partagent le monde », l’Allemagne est à la traîne en termes de possessions coloniales. Elle obtient une partie du sud-ouest africain : l’actuelle Namibie. Les premiers colons allemands s’y installent en 1884, où se trouvent déjà des peuples indigènes dont les Hereros et les Namas, au sud de la colonie. Au terme de deux décennies d’exactions et la perte de larges portions de leur territoire au profit des immigrants allemands et des compagnies coloniales, les Hereros se soulèvent en 1904. Selon l’historien Joël Kotek, l’administration coloniale obtient ainsi un prétexte afin d’asseoir définitivement la souveraineté allemande sur l’ensemble du territoire.

Muriel CHEFIARE

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Le premier génocide du XXème siècle

 

 

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